Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 21:35
Suite de la partie 03

Je lui adressais un regard offusqué avant de me lever brusquement et de quitter la table. Je ne parvenais pas à pardonner à Hayden ce qu'il avait dit tout à l'heure. Plus je le voyais, et plus il me répugnait et m'inspirait du dégoût. J'avais conscience que cette attitude était des plus puériles, mais elle égalait celle d'Hayden. Assis sur le lit, je restais un moment immobile jusqu'à ce que quelques coups frappés à la porte, me tirent de mes réflexions :

- Gwendal ? C'est Julien... Hayden voudrait te parler... Sort, s'il te plait...

Pas disposé le moins du monde à lui répondre, je m'exclamais, prenant exprès un air hautain et méprisable :

- Et bien tu lui feras savoir qu'il ne me sied guère d'accéder à sa requête...

Alors que Julien commençait une phrase pour tenter de me raisonner, j'entendis Hayden l'interrompre et prendre la parole à sa place :

- Et si tu m'expliquais ce que tu me reproches au lieu de t'enfermer dans la chambre. T'as vraiment une réaction de gamin, c'est pas croyable...

- Tu sais ce qu'il te dit le gamin ?

Je n'entendis plus rien hormis les pas résonner dans les escaliers, me laissant seul. Je me laissais tomber sur le lit et les larmes s'échappèrent de mes yeux clos. Tout compte fait, je me demandais si je n'avais pas fait une erreur en demandant à Hayden de m'emmener avec lui... Pourquoi était-il si odieux avec moi ? Epuisé, je finis par m'endormir. Lorsque je me réveillais,  l'après-midi était déjà bien entamé et le soleil commençait à décliner.

Calmé, je quittais la chambre et avisant l'heure plus tardive que ce que je n'avais pu estimer et ne sachant pas à quelle heure rentreraient Julien et Hayden, je commençais à chercher de quoi préparer un repas. Découvrant une salade sur la table, je la lavais et ouvrais le frigo à la recherche de quelque chose à manger. Je sortis la charcuterie et le fromage avant de mettre la table. Une fois fait, je lavais les légumes qui traînaient dans un panier près de l'évier et les fit cuire.

Pendant ce temps, j'allais au salon reprendre la lecture que j'avais interrompue toute à l’heure. Je ne sais combien de temps s'écoula ainsi, mais je fus tiré de ma lecture par une horrible odeur de brûlé. M'imaginant le pire, je sautais sur mes pieds et partais à la recherche de l'origine de cette odeur. Je n'avais pourtant rien fait brûler... C'est alors que je me souviens des légumes que j'avais fait cuire. Horrifié, je me précipitais à la cuisine et en entrant, je fus entouré par une épaisse fumée qui s'échappait de la gazinière. Tant bien que mal, je coupais l'arrivée de gaz et ouvris les fenêtres. Accablé, je jetais un regard sur le premier repas que je faisais de ma vie et qui était encore loin d'être concluant.

Alors que je m'asseyais sur la chaise, découragé, la porte d'entrée s'ouvrit sur Julien et Hayden. Aussitôt, la voix de Julien me parut aux oreilles :

- Wow ! Qu'est-ce qui se passe ici ?

Ils entrèrent en trombe dans la cuisine et Hayden s'exclama :

- Gwendal ? Mais qu'est-ce que tu fous ? T'essaye de mettre le feu à la maison ou quoi ?

Remonté, je me levais et me tournant vers lui je m'exclamais, énervé :

- J'ai tenté de préparer le repas figure-toi !

- Tu appelles ça un repas ? S'esclaffa Julien en riant, faisant sourire Hayden.

- Pour la première fois de ma vie que je m'approche d'une cuisine je pense m'être pas trop mal débrouillé figure-toi ! Lui crachais-je au visage. Mais puis qu'apparemment personne ne semble apprécier et prendre en compte ce que j'essaye de faire pour vous, vous n'avez cas vous démerder tout seul, je démissionne !

Sur ses mots, les yeux brûlés par la fumée et les larmes que je tentais de refouler, je quittais précipitamment la cuisine, laissant les deux amis seuls à seuls. Inconsciemment, mes pas me guidèrent à l'extérieur. Alors que je m'engageais sur un petit chantier, j'entendis Hayden m'appeler :

- Gwendal, attend !

Je n'écoutais pas et continuais mon chemin et c'est à bout de souffle qu'il finit par me rattraper. Il posa sa main sur mon épaule, mais je me dégageais vivement :

- Lâche-moi ! Ordonnais-je. Retourne voir ton ami avec lequel tu t'entends si bien et laisse-moi tranquille.

Cependant, il feignit de ne pas m'entendre et demanda :

- Ecoutes, je m'excuse pour ce que je t'ais dit toute à l'heure. C'est gentil de ta part d'avoir prit l'initiative de préparer le repas. Tu sais, j'ai du mal à comprendre comment quelqu'un peu ne pas savoir faire des choses aussi simple que faire à manger...

- Serais-tu en train d'insinuer que je suis manchot ? Demandais-je avec toujours cette colère en moi. Je n'ai pas besoin de ta compassion, je veux juste que tu me foutes la paix !

Sur ce, je repris mon chemin, mais à mon plus grand désespoir, Hayden ne semblait pas vouloir lâcher prise :

- Mais tu vas t'arrêter ?

Enervé, je me retournais et criais :

- Quel mot dans "fiche-moi la paix" n'as-tu pas compris ?

- Je m'excuse ok ! S'exclama à son tour Hayden. Qu'est-ce que tu veux de plus ? Qu'est-ce que tu as depuis ce matin ? Tu es carrément invivable ! La moindre petite remarque on dirait que c'est la fin du monde !

- Tu veux vraiment savoir ce qu'il y a ? Criais-je, sans plus parvenir à retenir mes larmes. Il y a que j'en ai marre de tes réflexions et de tes moqueries permanentes. Oui on n’a pas eut la même éducation, oui ton enfance à certainement été plus compliquée que la mienne mais ce n'est pas une raison pour me rabaisser et te moquer de moi à la première occasion ! As-tu seulement remarqué que le peu de fois ou tu m'as adressé la parole en deux jours c'était pour te moquer de moi ou me reprocher telle ou telle chose ? As-tu seulement songé à ce que je pouvais ressentir à être constamment rabaissé de la sorte ? Je fais de mon mieux pour satisfaire à tes exigences, mais jamais tu ne me montre la moindre reconnaissance, comme si tout t'étais dû ! Tu n'es qu'un égoïste ! M'exclamais-je.

Hayden resta silencieux, semblant réfléchir à ce qu'il se prenait en pleine figure et face à son manque de réaction, j'en profitais pour ajouter :

- Depuis deux que nous sommes arrivés, tu parles avec ton ami en m'ignorant totalement, comme si je n'existais pas ! Je ne te demande pas de m'inclure dans vos conversations, mais un minimum d'intérêt pour ma personne ce serait trop demandé ? Depuis que je t'ai demandé si je pouvais venir avec toi, c'est comme si tu avais toi-même sceller le boulet à tes chaînes ! Mais au risque de t'apprendre un scoop, c'est toi qui as accepté que je vienne avec toi ! Alors prend en les responsabilités ! Si vraiment c'était une charge pour toi de m'avoir avec toi, tu n'avais cas tout simplement me dire "non". Je ne suis pas stupide non plus, j'aurais compris et me serais débrouillé autrement, mais voilà, tu as dit "oui" !! Alors assume !

- Tu crois pas que t'exagères un peu ? Demanda Hayden dont le calme contrastait avec ma colère.

Je ne répondis rien mais lui adressais un regard qui en disait amplement sur ce que je pensais de sa réflexion.

- Pourquoi attaches-tu tant d'importance au regard des autres ? Me demanda Hayden, me prenant par surprise.

Ne m'attendant pas du tout à cette question, je répondis :

- Je...Parce que... Cela ne te regarde pas...

Hayden soupira longuement avant de reprendre :

- Ecoutes, si vraiment tu veux apprendre à faire des choses par toi-même, je suis prêt à t'aider, même si j'ai parfois des problèmes de patience.

A travers mes larmes, je lui adressais un regard sceptique empli de méfiance, ne croyant pas un traitre mot de ce qu'il venait de dire. Cependant, ne décelant aucune trace de moquerie dans son regard, j'étais bien forcé d'admettre qu'il ne semblait pas vouloir se moquer de moi une énième fois.

- Alors ? Demanda-t-il en me tendant la main. Marché conclu ?

Après un moment d'hésitation, j'attrapais la main qu'il me tendait et satisfait, il m'adressa un sourire de réconciliation.



Suite dans la partie 05

Par Shinigami et Lybertys - Publié dans : Once in a lifetime
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 21:33
Suite de la partie 02

A vrai dire, je commençais à avoir vraiment très faim. Jamais je n'avais pensé avoir aussi faim un jour. C'était comme si je n'avais pas mangé depuis plusieurs jours. Sans pour autant me regarder, il répondit :

- Il doit me rester un peu de viande séchée dans mon sac, mais tout le reste, on me l'a prit. On mangera ce soir.

- Hn... Répondis-je simplement en m'allongeant, songeant que jamais je ne pourrais tenir jusqu'à ce soir sans rien dans le ventre.

Alors que je m'allongeais, je sentis quelque chose se poser sur moi. Intrigué, je regardais ce que c'était avant de pousser un hurlement de terreur. Hayden se redressa brusquement et m'interrogea du regard, ne comprenant pas ce qui se passait. Face à son interrogation muette, je m'exclamais, complètement paniqué :

- Là... Là... Là, sur mon épaule... Une... Une bête bizarre.

Cependant, au lieu de venir me secourir, il resta immobile, ne réagissant pas à ma terreur, si bien que je poursuivis :

- Hayden, enlève ce truc, s'il te plait...

J'étais tétanisée, n'osant plus bouger, alors qu'Hayden semblait être sur le point d'éclater de rire. Pour ma part, je ne trouvais pas cela drôle et si j'avais été en mesure de bouger, j'aurais bien envoyé cette hideuse bestiole sur Hayden, juste histoire de rire à mon tour. De plus en plus pâle, je gémis plus que je ne demandais :

- Hayden, s'il te plait...

C'est finalement à moitié mort de rire qu'il consentit à me venir en aide.

- Ne bouge pas, déclara-t-il. Ton sauveur est là, ajouta-t-il en se moquant ouvertement de moi.

Il prit l'horrible monstre entre ses mais et le jeta un peu plus loin tout en riant encore. Personnellement, cela ne me faisait pas rire du tout et l'attitude puérile d'Hayden commençait réellement à m'énerver.

- Dis-moi, demanda-t-il, tu es déjà sortit de ton château ? Elle n'allait pas te manger. Au fait, cette bête bizarre s'appelle une sauterelle et elle est totalement inoffensive.

Sur ces mots, le sourire aux lèvres, il se laissa aller en arrière avant de s'endormir. Quant à moi, je restais éveillé, tandis que mon ventre criait famine. Je laissais Hayden se reposer un moment, mais bien vite, je commençais à m'ennuyer. Je patientais encore un temps qui me parut interminable, puis, lassé, j'allais réveiller Hayden. Avec hésitation, je me penchais au dessus de lui et alors que j'esquissais un mouvement pour le secouer, il ouvrit les yeux. Honteux de me faire prendre en flagrant délit, le rouge me monta aux joues. Visiblement surpris, Hayden ne fit cependant aucun commentaire, se contentant de demander :

- On repart ?

- Je... Oui, répondis-je, toujours gêné.

Nous reprîmes la route et marchâmes un long moment, coupant parfois à travers les bois, profitant de l'agréable fraîcheur qu'ils nous offraient. Finalement, nous arrivâmes avant la nuit.

- C'est ici, dit-il en pointant une vieille ferme du bout du doigt. On y est presque.

- C'est pas trop tôt, soufflais-je épuisé.

- Ne t'inquiète pas, répondit Hayden. Demain tu pourras te reposer.

Nous parcourûmes les dernières dizaines de mètres qui nous séparaient de l'ancienne maison. Arrivés devant la porte, Hayden frappa quelques coups avant de reculer de deux pas, attendant que l'on vienne nous ouvrir.

Apparemment, il ne semblait y avoir personne. Hayden posa son sac et s'assis sur les marches du perron. Trouvant l'idée plutôt bonne, je l'imitais en soupirant de lassitude.

- Ca va ? Me demanda-t-il.

- Oui, répondis-je. Je ne sens plus mes pieds, mes jambes et mon dos mais, appart cela, ça va.

A vrai dire, j'étais éreinté  et je découvrais l'existence de muscles qui m'étaient jusqu'à présent, totalement inconnus tellement mon corps entier était endolori et courbaturé.

- Met-toi devant moi, déclara-t-il subitement sans plus de cérémonie.

Surpris par son ordre, je lui adressais un coup d'œil sceptique, mais ne décelant rien d'anormal chez lui, je m'exécutais. Cependant, je ne pus retenir un tressaillement de surprise lorsque ses mains se posèrent sur mes épaules et entamèrent un lent et doux massage. Si au départ je grimaçais sous la douleur qui me vrillait les épaules au moindre effleurement, je finis bien vite par me détendre et me laisser aller à fermer les yeux, perdant toute notion du temps. Tout ce que je savais c'était que jamais je ne m'étais sentit aussi détendu. Je ne réagi même pas lorsqu'Hayden déclara :

- Il ne vaut mieux pas que tu prennes goût, parce que je ne vais pas te faire cela tous les soirs !

Je ne répondis rien, me contentant de soupirer de bien être. Soudain, une voix inconnue s'éleva à quelques mètres de nous, me faisant ouvrir les yeux :

- Salut Hayden, alors on vient chez moi en couple maintenant ?

Aussitôt, je sautais sur mes pieds et m'exclamais, indigné :

- Pardon ? En couple ? Je ne suis pas homosexuel !

Pas dérangé le moins du monde par ma réponse, il s'esclaffa en riant :

- Si ce n'est pas ton cas, c'est le cas d'Hayden. Méfie-toi !

Puis, se tournant vers Hayden, il s'exclama :

- Putain Hayden, ça fait plaisir de te revoir !

Très vite, Hayden se retrouva dans les bras de son ami qui mesurait à peu près la même taille que lui. Je les regardais faire avec suspicion, Hayden et son ami ayant, je trouvais, des gestes bien intimes pour de simples amis. Je connaissais à présent les préférences sexuelles d'Hayden et se pourrait-il qu'ils aient été amants ?

- Alors maintenant tu ne voyages plus seul ? Je croyais que tu y étais bien trop attaché à ta solitude.

- Les gens changent, répondit Hayden. Tout comme toi tu t'es marié avec une femme. D'ailleurs, elle n'est pas là ?

- Non, elle est partie avec le petit chez sa mère pour quelques jours.

- Des tensions ? Demanda Hayden, une pointe d'inquiétude dans la voix.

- Disons que nous avions chacun besoin d'air...

Un silence suivit cette déclaration, confirmant ce que nous pensions tous, avant que l'ami d'Hayden ne reprenne :

- Tu arrives à pic en tout cas, il y a beaucoup de boulot et en plus, tu me ramènes deux bras supplémentaires.

A ces mots, Hayden éclata de rire, se foutant ouvertement de moi. Je lui adressais un regard meurtrier alors que l'ami d'Hayden qui, soit dit au passage, ne m'avait toujours pas été présenté, nous regardait avec incompréhension :

- On verra cela, déclara Hayden en reprenant son souffle.

- Allez venez, déclara l'ami d'Hayden. On va faire un bon chocolat avec le lait que j'ai trais toute à l'heure.

Nous le suivîmes dans la maison et je posais négligemment mon sac dans l'entrée tout en regardant autour de moi. La décoration était simple et chaleureuse et bien que je n'étais pas habitué à quelque chose d'aussi modeste, cela n'en était pas moins accueillant. L'homme nous conduit à la cuisine et nous invita à prendre place à table, avant de se mettre aux fourneaux.

- Au fait, déclara-t-il en se tournant vers moi. Comment tu t'appelles ?

- Je... Gwendal, répondis-je intimidé qu'il m'adresse ainsi la parole comme si nous nous connaissions depuis toujours.

- Enchanté, moi c'est Julien.

Au moins un qui avait le sens des convenances... Je jetais un furtif regard meurtrier à Hayden qui ne le releva pas et après un temps, Julien reprit :

- Alors, depuis quand tu voyages avec lui ? Tu as vraiment du courage pour supporter son sale caractère. La solitude n'a vraiment rien arrangé en plus, je suppose.

- Je t'emmerde Julien, répondit Hayden sans me laisser le temps d'ouvrir la bouche pour répondre. Hier j’ai eu une mésaventure avec des voleurs qui se sont mis à trois contre moi. L’un d’eux était armé d’un couteau et s’en est servi au dernier moment. Ils m’ont pris tout ce que j’avais gagné en faisant les vendanges. Gwendal m’a trouvé en piteux états près d’une rivière et m’a ramener chez lui pour me soigner. Il m’a demandé par la suite de l’emmener avec moi… Et nous voilà ici.
- Bon dieu, dit Julien en riant. Tu ne sais pas dans quoi tu t'es engagé petit...

Petit... Petit... Je n'étais tout de même pas si petit que ça et il devait avoir quoi ? L'âge d'Hayden à peine moins peu être... Puis changeant totalement d'attitude, retrouvant tout son sérieux, il demanda à Hayden :

- Et ça va toi ?

- Un peu de fièvre, répondit l'interrogé. Mais un bon lit et un bon repas cette nuit et tout ira mieux.

- Tu sais que tu peux rester tant que tu veux ici, reprit Julien en nous servant une tasse de chocolat chaud.

- Tenez, buvez-moi ça, je vais préparer un bon repas qui va vous remettre sur pieds, puis vous irez vous coucher. Vous semblez tous les deux tomber de fatigue.

Affamé, je portais la tasse à mes lèvres et me régalais de la boisson chaude qu'elle contenait. Jamais encore je n'avais eu l'occasion de goûter un chocolat aussi bon. Julien parti, Hayden et moi échangeâmes quelques mots puis Julien revint avec deux assiettes de soupe. Nous mangeâmes avec appétit et lorsque nous eûmes terminé, Julien nous montra la chambre qu'Hayden et moi allions devoir partager. Pendant qu'Hayden se lavais, je déballais mes affaires et rangeais le tout dans la penderie. Quand il revint, je me précipitais à mon tour sous la douche, sous laquelle je restais bien une demi-heure, savourant le plaisir d'une vraie douche après une journée de sueur collée à la peau. Une fois propre, j'enfilais mon pyjama et alla me coucher. Je fermais les yeux en poussant un soupir de bien être. Le matelas n'était pas des plus confortables, mais contrairement à la nuit dernière, c'était limite du grand luxe.

- Tu es bien installé ? Ca va ? Demanda alors Hayden. Tu as passé une bonne soirée ?

- Hn, soufflais-je à moitié endormis, trop épuisé pour répondre autre chose.

- Bonne nuit, Gwendal, souffla Hayden.

- 'nuit, soufflais-je à mon tour.

Epuisé, je m'endormis sans demander mon reste. Moi qui en général mettais du temps à trouver le sommeil lorsque je n'étais pas chez moi, je m'endormis comme une masse.

A un moment, j'eu la sensation que quelqu'un m'enlaçait, mais trop éreinté, je n'y prêtais pas attention.  Lorsque je me réveillais le lendemain matin, je fus ébloui par les rayons de soleil qui passaient à travers les volets entrouverts. Je m'étirais avec grâce avant de me lever. Cherchant dans mes affaires, j'attrapais des vêtements propres et allais m'enfermer dans la salle de bain. La douche que je pris acheva de me réveiller et une fois prêt, je descendis au ré de chaussé.

Sur la table, un bol et du lait étaient disposés, prêt à l'emploi. Apparemment, Hayden et Julien avaient déjà déjeuné. Je me hâtais de manger et quand j'eu terminé, je sortais à leur recherche. Je ne mis pas longtemps à les trouver, ils étaient au milieu des vaches, chacun en train d'en traire une.

Alors que j'approchais, la voix d'Hayden me parvint. Apparemment, il semblerait qu'ils étaient en plein milieu d'une conversation plutôt intime :

- Dis -moi Julien, tu ne m'as jamais dit si ta femme savait pour nous deux, pour la relation que nous avons eu...

Il y eut un silence puis Julien répondit :

- Tu sais... A l'époque ou nous étions ensemble, je ne connaissais pas encore Marie. C'est quand tu es parti que je l'ai rencontrée, un peu comme si le destin ou dieu voulait me faire oublier la douleur de t'avoir perdu... Pour répondre à ta question, Marie et moi n'avons aucun secret l'un pour l'autre. Elle sait et elle l'a bien prit. Elle dit qu'elle a confiance en moi et que le passé est le passé. Elle sait que je l'aime et que même si au fond de moi je ne parviendrais jamais à t'effacer entièrement, jamais je ne la tromperais. J'aime ma femme...

- Cela t'honore, répondit Hayden avec un grand sourire. Donc ça veut dire que si jamais elle arrive, elle ne risque pas de me chasser à grands coups de rouleau à pâtisserie ? S'exclama-t-il en riant.

- Tu n'as pas à t'en faire... A moins que tu ne tentes quoi que ce soit... Renchérit Julien en riant à son tour.

- Alors là, tu ne risques absolument rien... Je n'aime pas partager...

Sur ces mots, ils rirent de bon cœur et alors que je pensais pouvoir me montrer à eux, Julien reprit :

- Et ce jeune là... Gwendal... Il n'est pas un peu trop jeune pour toi ? Tu les prends encore au berceau maintenant ?

- T'es con, Ju ! Souffla Hayden en perdant son sourire en lui envoyant un objet non identifié à la figure.

- Rho allez, insista Julien. Ne m'dit pas qu’il n’est pas à ton goût !!

Pour ma part, je commençais à me sentir mal à l'aise. Je n'aimais pas que l'on parle de moi, de plus, ce genre de propos me révulsait. Me voyaient-ils ainsi ? Comme une vulgaire chose dont on pouvait disposer comme bon leur semblait ?

- Il a un beau visage fin et délicat, des cheveux soyeux, poursuivit-il, parlant de moi comme si je n'étais rien de plus qu'une simple marchandise dont on vantait les mérites. Et je suis sûr qu'il est battis comme une statue de dieu grec.

- C'est vrai qu'il est mignon, répondit Hayden, même si je ne l'ais jamais vu nu. Mais le seul truc qui pèche, c'est son côté bourgeois... Un peu trop aristo pour moi, si tu vois ce que je veux dire...

Je n'entendis pas la suite de cette conversation. Je quittais les lieux en courant, écœuré par ce que je venais d'entendre et le comportement hypocrite d'Hayden. Oui, j'étais un petit bourgeois de sang noble, un fils à papa bien élevé, mais je préférais être ce que j'étais plutôt qu'un rustre comme Hayden. Un goujat mal poli et sans aucune éducation ni savoir vivre. Oui, j'avais été un de ses enfants que l'on ne laisse jamais rien faire, jamais rien toucher. Oui, j'avais toujours eut des personnes à disposition pour répondre au moindre de mes désirs, mais Hayden s'était-il déjà demandé comment est-ce que j'avais vécu tout cela ?

Rageusement, je retournais dans la maison où, pour me calmer, j'attrapais un livre et m'installais dans le fauteuil du salon, les genoux sur l'accoudoir. Je ne sus combien de temps je restais à lire avant d'être tiré de ma lecture par les éclats de rire d'Hayden et Julien.

Cependant, je ne prêtais aucune guère plus d'attention à eux et repris ma lecture. Mais apparemment, Hayden semblait en avoir décidé autrement car presque immédiatement après, il entrait  bruyamment dans le salon et à ma vue, il s'exclama :

- Hey, Gwendal ! Enfin réveillé ?

Je ne lui adressais pas le moindre regard et posais mon livre avant de me lever et de quitter la pièce. Je sentis son regard intrigué et posé sur moi tout le temps qu'il me fallut pour disparaître de sa vue. Semblant comprendre que je n'avais aucune envie de le voir, il n'insista pas et j'en profitais pour sortir de la maison où l'air devenait oppressant et irrespirable. Je pris une direction au hasard et c'est non sans contentement que j'arrivais aux écuries. Un hennissement sur ma gauche attira mon attention et tournant la tête, j'aperçus un imposant cheval de labour qui m'observait depuis son box. Je m'en approchais et néanmoins impressionné par sa taille imposante, je le caressais longuement jusqu'à ce que la voix de Julien me signifie que le repas était prêt. A contrecœur, je quittais l'animal et allais manger. Je restais silencieux tout le temps que dura le repas, me contentant d'écouter d'une oreille distraite, les conversations auxquelles je n'étais pas convié à participer. A vrai dire, j'avais plus qu'impression d'être totalement inutile. Alors que je pensais être devenu plus que transparent, j'entendis Hayden me demander :

- Dis Gwendal, tu peux me passer le plat de patates, s'il te plait ?

Je lui passais le plat sans un regard pour lui et continuais mon repas alors qu'Hayden s'exclamais :

- Mais qu'est-ce que tu as depuis ce matin ? T'as tes règles ou quoi ?

 

Suite dans la partie 04

Par Shinigami et Lybertys - Publié dans : Once in a lifetime
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Catégories

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus